AN AFRICAN CINEMATOGRAPHIC PROJECT

bekoloAfrican cinema needs to define a project for itself.

We cannot abandon the whole african cinematography wandering between an desire for western acknowledgement, a desire of popular interest around the lowest common denominator and capitalism.
African cinema has many challenges to take up.
The first one is the universal, a universal that gives a direction to history in world where everybody represents Africa for himself , it is an imperative that Africa performs the act of repossession of the world.
African cinema has to suggest not just to africans nor only to humanity a civilisation project but also to animals, to plants and to the entire earth. It has to avoid the trap of autarchy and remain in connection with the “other”, a fruitful and mutual beneficial connection while walking towards autonomy without ignoring asymmetrical forces in our disfavour.
Another challenge of African cinema is is the one of the rebuilding our psychic infrastructures following the colonial history trauma made of denial, violence and shame. African cinema should be a cinema of resilience, a cinema that heals us. It should question our behaviour and deal with questions raised at the psychological level and at the level of our actions.
Finally, African cinema has a technological challenge that starts with our capacity to produce, maintain and make available the Africa visual memory as time is unfolding.
To take up all these challenges, african cinema should produce a language, a semantic and a semiology that offers to the world its life force. A cinematographic language that allows the continent to reinvent itself by staying away from the self-flagellation lexicon presenting us clique people with handicap who are missing nothing, people who have to catch up because they are behind…
African cinema in all lucidity and maturity and self-estime should find a way to tell our presence in this world without being reduced in problematics related to poverty. African cinema should be that companion of the continent movement, a continent busy “working”, an Africa that is screaming because it is giving birth.

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POUR UN PROJET CINEMATOGRAPHIQUE AFRICAIN 

bekoloLe cinéma africain a besoin de se définir un projet.

Nous ne pouvons pas abandonner la cinématographie africaine dans une errance située entre l’espoir d’une reconnaissance occidentale, le désir d’une adhesion populaire fédérant autour du plus petit dénominateur commun et le capitalisme.

Le cinema africain a plusieurs défis à relever.
Le premier de ces défis est celui de l’universel; l’universel au sens ou il impose une direction à l’histoire. Parce que le monde entier se représente l’Afrique, il est impératif que l’Afrique pose cet acte de repossession du monde.

Le cinéma africain doit proposer non pas seulement aux africains, ni même à l’humanité, un projet civilisationnel mais aussi aux animaux, aux plantes; à la terre. Il doit donc éviter l’écueil de l’autarcie et rester dans la relation avec l’autre, une relation mutuellement féconde tout en poursuivant la marche vers l’autonomie sans ignorer les rapports force asymétriques en notre défaveur.

Un autre défi du cinema africain est celui de la reconstruction de nos infrastructures psychiques suite à l’histoire coloniale marquée par le déni, la violence et la honte de soi. Le cinéma africain doit être un cinema de la resilience, un cinéma qui nous soigne. Il doit s’attaquer aux questions qui se posent à nous au niveau psychologiques et psycho-comportemental et interroger l’agir humain.

Enfin le cinema africain a un défi technologique qui commence par la capacité à conserver et à rendre accessible la memoire des images du continent qui se construit chaque jour.

Pour relever tous ces défis, il doit produire un langage avec une sémantique et une sémiologie qui propose au monde notre élan vital. Un langage cinématographique permettant de se réinventer en sortant de ce lexique de l’autoflagellation, nous présentant comme des handicapés ou des gens qui sont en retard ou qui manquent de quelque chose.

Le cinéma africain doit en toute lucidité et maturité avec estime de soi, trouver une manière de raconter notre presence au monde sans être réduits à des problématiques de pauvreté; d’accompagner le mouvement du continent, un continent en “travail”, une Afrique qui crie parce qu’elle est entrain d’accoucher.

3,8 milliards = 0,08% pour la culture!

Je ne sais pas si je suis le seul à être choqué par ce chiffre 3,8 milliards. Le budget de l’année 2017 du Cameroun est de 4373,6 milliards et nous artistes n’aurons droit qu’à 3,8 milliards, soit 0,08%! Chers amis artistes, pensez-vous que nous ne représentons que 0,08% de l’activité de ce pays?
Messieurs Biya, Cavaye, Yang, Mey, Mouelle et vous tous qui avez pris cette décision, sur 4 373,8 milliards de FCFA tout ce que vous avez trouvé que nous artistes méritons c’est 3,8 milliards? Quand on dit Arts et Culture, ce n’est pas de quelqu’un d’autre dont il s’agit, c’est de NOUS! La culture c’est NOUS. Ce qui voudrait dire ce que nous nous donnons à NOUS, pour être nous-memes, c’est 0,08%. C’est à dire quasiment rien…
Ce qui voudrait dire que notre projet national traduit en chiffre est d’être tout sauf nous-memes.
En 2017 nous allons donc mettre 111 milliards pour produire beaucoup de café et de cacao pour que les belges, les français, les italiens, les allemands… puissent boire du bon café et du bon chocolat… Et rembourser les dettes contractées à l’étranger … En 2017 nous allons mettre 151 millards pour mieux jouer au football et que nos meilleurs joueurs puissent aller servir les plus grands clubs du monde… En 2017, nous allons acheter beaucoup beaucoup béton de Lafarges (Cimencam) dans les 318,6 milliards de l’éducation et les 208,2 milliards de la santé… pour construire. En 2017, nous allons dépenser 238 milliards pour lutter contre Boko Haram et pour taper sur les camerounais qui vont crier leurs problèmes dans la rue, on va donc leur apprendre à souffrir en silence avec tous ces milliards!
Qu’est-ce qui n’est pas culturel? Et lequel de tous ces ministères peut-il vraiment se passer de la culture? La culture ce n’est pas les groupes de danse traditionnelle qu’on envoie à l’aéroport accueillir le président, comme à l’époque coloniale! Combien de bonnes infrastructures actuelles sont en ruine chez nous faute d’une contextualisation culturelle?
Au commencement il y a la culture, et quand tout est fini il n’y a que la culture qui reste, c’est à dire  NOUS. Ce que nous sommes, de ce que nous avons été et de ce que nous deviendrons. La culture est en mesure de transformer les 3,8 milliards en 3800 millards! Comme L’Amérique et son Coca Cola sans parler de son Hollywood. Avant de faire quoi que ce soit, la culture nous impose de nous poser la question de QUI SOMMES NOUS?
Quelle honte pour nous de nous retrouver entrain de nous quereller sur un problème anglophone-francophone, qui après tout n’est qu’un problème culturel, la culture des « autres » quand nous savons que nous avons plus de 200 langues, que nous avons même une écriture (celle de Njoya). Pourquoi sommes-nous si incapable d’investir les 4373, 6 milliards de FCFA sur autre chose que ce que le colon a tracé pour nous? Comme cette émergence qui dans de nombreux pays se traduit en très peu de riches et beaucoup de pauvres!
Pouvons-nous avec ce gouvernement sortir de cet esprit car c’est de l’esprit dont il s’agit, sortir l’esprit du colonisé? Pourquoi nos jeunes n’ont-ils pas droit en ce début d’année 2017 au rêve ? Le rêve après toutes ces années d’aliénation culturelle, d’être enfin eux-mêmes? Un rêve leur permettant d’aller à l’assaut de leur pays et du monde? Pourquoi doivent-ils continuer à déprimer pour une année encore avec ces crises à répétitions  dont la gestion encore plus déprimante d’un autre age ne semble pas produire ce sursaut culturel qui voudrait que le Cameroun devienne enfin cette « République Culturelle » dont je reve? A moins que tous ces acteurs aient déjà tous démissionné attendant tout simplement le souffle neuf du prochain régime à qui ils préfèrent déjà laisser tout ce potentiel culturel!
 

Chers Mme Lagarde et M. Sapin

Maintenant que votre institution le FMI et votre pays, la France viennent de signer avec des dirigeants de la CEMAC dont certains ont perdu les élections dans leur pays; des dirigeants qui ne seraient  donc pas légitimes pour nous représenter,
nous les peuples de cette Afrique Centrale à qui vous prêterez de l’argent pour faire face à une crise économique dont ces mêmes dirigeants sont en partie responsable; l’un d’eux  était encore poursuivi par vos tribunaux il y a quelques semaines encore pour biens mal acquis,
il serait décents Mme Lagarde et M. Sapin, que vous appreniez à avoir un peu de consideration pour les peuples africains à qui vos institutions  ont accordé très peu de valeur jusqu’ici.  L’une lors du premier ajustement structurel – PAS1.0 – L’autre dans ces rapports dits de la franceafrique qui perdurent quelque soit le regime et dont la perversité et les effets négatifs sur nos peuples de cette Afrique centrale si riche mais si pauvre, qui reste à la traine du continent à cause de votre pays, la France.

La décence aurait été d’abord de trouver une manière de communiquer directement avec les peuples d’Afrique centrale (partis d’opposition, société civile etc.) tout au long de cette négociation et non de se réfugier derriere la langue de bois de ces regimes dits Républicains qui estiment qu’ils  n’ont aucun devoir d’information et encore moins de compte à rendre à leurs peuples. Parce que ce sont les peuples d’Afrique Centrale qui vont payer ce montant d’une dette dont on ignore tout; le montant, les conditions etc. Des peuples qui ne sont jamais consultés, des peuples qui ont deja tout sacrifié et à qui on demandera encore des sacrifices, les peuples d’Afrique Centrale auraient du être cosignataires de cet accord.

Vous comprenez malheureusement Mme Lagarde et M. Sapin que nous ne pouvons qu’être en droit de penser sans exagération que votre démarche lors de ce que nous pouvons appeler le PAS2.0 malgré les belles phrases  soit d’ordre à anéantir encore davantage les peuples africains sous le regard silencieux de tout le monde occidental complice… au nom du capitalisme.

Bande d’Incapables

Et si la crise économique de la CEMAC à l’origine de cette reunion qui remets nos pays dans les bras du FMI pour un ajustement structurel n’était qu’une affaire d’incapacité?

Ces chefs d’Etats présents à Yaounde ce 23 décembre qui se sont bel et bien résignés à l’idée qu’ils ne sont pas à mesure de résoudre les problèmes qui se posent à nous, se sont-ils posés une seule fois la question de leur approche de résolution de problèmes? En tout cas, je n’ai jamais senti qu’on a  jamais donné aux citoyens une approche compréhensible et clairement lisible par tous pour sortir de nos problèmes. Saufs des slogans dans les discours où on répète tous des termes du genre “ajustement structurel”, “emergence”, “point d’achèvement”, etc. pensant que cette propagande verbale va fournir à chacun depuis la base jusqu’au sommet, des outils d’action collective de resolution des problèmes qui se posent à nous tous.

Non contents d’être eux incapables, ils nous transforment tous en incapables car le système opèrent à une destruction systématique des  « capacités » au point de plonger nos pays dans un état d’ “incapacitation généralisée” ! Quand je parle de cette société d’incapacitation qui règne, gouvernée par des incapables qui généralisent le « laisser-faire », le «  laisser-passer » qui détruit les savoirs sous toutes les formes et en particulier le savoir-vivre. En installant ainsi le « je-m’en-foutisme » généralisé c’est avant tout une question de mœurs qui conduit à l’aliénation par la consommation addictive des biens ou « commodités », c’est à dire par la généralisation de l’incurie et qui est devenu mentalement mentalement toxique au point que nous vivons dans une société où personne n’est rien et tout le monde est tout!

L’émergence de toute entreprise chez-nous doit donc faire face à ce contexte d’incapacité généralisé: l’incapacité économique, l’incapacité politique, l’incapacité de visibilité, l’incapacité technologique et même l’ incapacité de langage car il y a même l’incapacité à s’exprimer. On parle pour ne rien dire car tout est organisé pour ne surtout rien exprimer. Il y a l’incapacité du langage, le langage utilisé ne dit pas ce qui se passe réellement. Et au quotidien, les camerounais par exemple ne disent pas ce qu’ils pensent et ne pensent pas ce qu’ils disent. Sans compter le Black-out sur l’histoire du pays qui n’est toujours pas racontée.

Il y a l’incapacité à consommer. Parce que les salaires  et les prix ne correspondent à aucune réalité économique, on utilise l’Etat pour consommer. Il y a aussi l’incapacité politique. C’est à dire qu’on ne peut faire de la politique qu’autour du fauteuil du Président de la République. Toutes les politiques à mettre en place ne peuvent être que le bon vouloir le chef de l’Etat qui devrait entre en mesure d’en tirer tous les benefices que lui ou son entourage estime qu’il en aurait besoin. Il y a l’incapacité à connaître. La vérité n’a pas de tribune. Donc la connaissance non plus.

Oublions un instant des concepts dits “panafricanistes” et restons loin de vouloir résoudre les problèmes qui sont d’un tout autre ordre, problèmes de dignité, de fierté, d’héroïsme etc… du peuple africain, il s’agit d’avoir une approche quasi « radiologique » voire diagnostique de notre activité si nous voulons affronter cette question d’incapacité.

Quelle est la réalité de ces concepts qui nous viennent d’en haut? Du ciel? Alors que nous nous vivons sur terre avec ses réalités et que le fossé qui sépare ce ciel et notre terre nous semble de plus en plus immense?

S’il y a bien quelqu’un à blamer pour cette incapacité généralisée qui nous gagne, c’est avant tout nous-mêmes. Nous pensons naïvement qu’il y a un lien entre nos bonnes intentions du haut et l’aboutissement de notre ideal en bas. Nous ne nous rendons pas toujours compte que très souvent ce que nous faisons, quand bien même nous le faisons avec toutes les bonnes intentions ou par amour du prochain, nous le faisons très souvent sous l’emprise de l’idéologie. Souvenons nous que le communisme, comme le christianisme à une l’époque de l’Inquisition ont été criminels par amour de l’humanité. Il est donc impératif de savoir avant tout d’où viennent les idées? D’où vient l’émergence? D’où vient le plan d’ajustement structurel? D’où vient le point d’achèvement?  Au nom desquelles nous décidons d’agir, en quoi ces idées que nous prenons pour des vérités ont une veritable capacité de transformer notre quotidien d’africains?

Sortir de la Francophonie

Le véritable message de nos frères anglophones est que nous ne pouvons continuer à fonctionner avec un pays bâti sur des fausses bases. Voici un pays, où on nous a fait croire qu’on pouvait à la fois servir le colonisateur et son peuple. Le Cameroun dans ses institutions et sa politique actuelle a été mis en place par une France victorieuse d’une guerre contre les nationalistes. Le pire est que nous camerounais l’avons accepté et érigé ce grand écart en modèle.

Les revendications actuelles sans le dire sont un appel à tous les camerounais francophones et anglophones à enfin faire face à leur histoire; une histoire d’un peuple ayant perdu sa lutte de libération nationale avec des héros remarquables, mais un peuple qui a perdu quand même et qui a développé une « psyché » de perdant avec tout ce que cela comporte. Ecoutons-nous francophone parler des anglophones. Nous avons le même language que celui des colons français alors que les camerounais les combattaient dans le maquis. Est-ce un hasard? Nous avons étés contaminés par les méthodes de l’oppresseur et sommes devenus oppresseurs de notre propre peuple. Quand je dis nous ici, il s’agit de ce camerounais que nous sommes tous devenus, ce camerounais qui n’a pas combattu le colon mais jouit des privileges de l’indépendance, ce camerounais qui ne s’est jamais intéressé à cette histoire… Est-ce parce que nous sommes du mauvais côté de l’histoire?

La preuve est que une fois rattrapés comme nous le sommes actuellement, nous commençons d’abord par être dans le déni, « il n’y a pas de problème anglophone » puis ensuite nous pataugeons sur des faits et dates qui devraient pourtant être dans nos livres d’histoire.

Ce qui est vraiment bizarre, c’est notre manière d’être sur la défensive et la manière dont nous nous braquons avec beaucoup de violence contre nos frères anglophones qui heureusement pour nous n’ont pas subi cette « guerre psychologique anti-revolutionnaire » française inventée uniquement pour nous camerounais. Elle avait pour ambition de nous affecter à très long terme et j’ai l’impression que ses effets sont toujours à l’oeuvre aujourd’hui.

Les anglophones nous montrent la lune et nous francophones idiots, nous regardons le doigt. Ils sont dans une certaine mesure notre dernière chance de sortir définitivement des bricolages institutionnels qui n’avaient pour but que de permettre à la France de tirer son epingle du jeu dans la machine néo-coloniale qu’elle mettait soigneusement en place avec ceux qui ne l’avaient pas combattus.

Comme cette histoire du pétrole de Limbe qu’il fallait commencer à exploiter en 1972 après les nationalisations de 1971 en Algérie et qui nous aurait valu la reunification et donc notre fête nationale du 20 mai 1972… (lu dans le livre Kamerun) Si c’est le cas, le projet de francophonisation et était bel bien un projet de l’ex-puissance coloniale, alors pourquoi le défendons-nous aujourd’hui? Ensuite il était avant tout un projet économique d’exploitation des richesses de tout le Cameroun – libre et indépendant! – appartenant à tous les camerounais, anglophones et francophones!

Pourtant la perspective d’une sortie de la francophonie serait avant tout une sortie du colonialisme français non expurgé au Cameroun; elle mettrait un point final à tous ces pactes signés qui plombent encore aujourd’hui nos pays francophones qui tardent à se developper économiquement. Mais tout cela dépendra de la capacité de l’élite dirigeante francophone à s’émanciper non seulement du projet colonial dont ils sont aujourd’hui devenus les promoteurs mais aussi d’en finir avec la duplicité qui consiste à usurper l’étiquette de « nationaliste » sans jamais poser aucun acte patriotique… à commencer simplement par celui de raconter l’histoire des véritables héros.