Le blanc doit accepter de se soigner

blanc

– Appel à la deuxième rencontre –

Apres avoir regardé de près les dysfonctionnement de la société africaine à partir du postulat de Fanon, il est important aussi d’aborder toujours sur la base des theories de Lakoff  la question de la reentrée du coté européen. En effet, la première rencontre a été un véritable désastre avec le prix que les noirs ont du payer et payent encore. Comme Fanon le dit si bien, cette rencontre a rendu le noir malade et son identité a été aliénée à jamais. Par contre ce qui ne se dit pas assez, c’est que cette rencontre a tout aussi bien rendu le blanc malade.

Comment cette maladie pourrait-elle être décrite? Si on se réfère à Kwame Anthony Appiah, qui parle de ces partis politique de droite; les Républicains aux Etats-Unis et les partis d’extrême-droite en Europe, qui ne sont pas en mesure de proposer du travail à la masse de chômeurs blanc; Appiah estime que  ces derniers leur proposent une chose qui semble très bien marcher comme le démontre le succès de Donald Trump aux élections Américaine: le privilège d’être blanc. Et le problème est que cette masse semble s’en satisfaire. Le privilège d’être blanc ou en encore “la suprématie blanche” comme projet à ce qu’on a appelé le “white trash” serait à mon avis cette maladie issue de la première rencontre entre le blanc et le noir. Ce qui voudrait dire que le blanc traine jusqu’aujourd’hui encore un comportement maladif qui dure depuis des siècles et semble se transmettre.

Quand ce n’est pas ce complexe de supériorité qui l’aveugle, c’est un sentiment de culpabilité surement lié lui aussi à cette même première rencontre. La première encontre avec le noir a aussi créé chez le blanc la peur du noir d’où la stigmatisation du “angry black man/woman” qui aurait de bonnes raisons d’être en colère. La peur d’un noir qui se vengerait du mal qu’il a subi lors de cette première rencontre hante le blanc. Enfin on pourrait aussi décrire la maladie qu’a provoqué cette première rencontre comme une bouderie infantile née du fait que l’émancipation des noirs lui aurait enlevé son “joujou”.

Aujourd’hui, le problème n’est pas tant dans ces symptômes décrits plus haut que dans le refus du blanc d’admettre son état. Notre théorie de la reentrée s’appuie sur les modèle des sciences cognitives et systèmes immunitaires qui nous permettent de voir en quoi la deuxième rencontre serait une forme de thérapie. Mais cette deuxième rencontre est-elle envisageable si le blanc opère une fuite en avant en se réfugiant dans les narratives qui lui permettent de perpétuer sa suprématie. Voila comment il doit inventer toutes ces narratives du développement, du sous-développement, de la coopération, de l’aide, de l’assistance à l’Afrique… pour échapper  à la thérapie. Le blanc malade adore le noir pauvre. Le blanc malade adore aussi le noir enfant. Il lui permet de continuer à exercer ce que la décolonisation lui a interdit et il enveut aux noirs pour ça. Puis, il y a aussi le “nous sommes riches vous êtes pauvres, vous n’avez pas d’autre choix que celui d’écouter ce que nous avons à vous dire… si vous voulez notre argent.” Ainsi dans la relation entre le noir et le blanc la narrative coloniale de suprématie se perpétue grâce à la supposée richesse du blanc et à la supposée misère du noir. Voila comment dans tous ces projets qui impliquent le noir et le blanc, en plus de choisir des noirs dociles, gentils et sans personnalité, le blanc s’appuie sur le fait que c’est son pays “riche” qui paye, donc le noir qui aurait une vision différente n’a rien à dire. Oubliant qu’à partir du moment où on est deux, les deux parties ont à dire. Ici, la supposée richesse de son pays le remets dans cette posture dominatrice antérieure qui rend impossible le traitement. Sauf que la question qui se pose est de savoir comment un malade peut soigner un autre? Le noir et le blanc sont tous les deux malades et le blanc lui tout seul décide qu’il va soigner le noir. Et le noir accepte! Comment va-t-il faire, d’autant plus que le noir qu’il prétends soigner serait aussi son médicament et vice versa – selon la théorie de la ré-entrée? Le noir doit tout faire pour que le blanc qui essaye de s’échapper subisse lui aussi une thérapie. Et cette thérapie, c’est la deuxième rencontre; la ré-entré. Cette reentree qu’on pourrait assimiler à la relation que le corps a avec un virus dans le cadre d’un vaccin. Si on considère ici que le blanc est la maladie et le noir son médicament, la première rencontre aura été celle de la vaccination et la deuxième serait sans celle du bien-être, celle d’un corps en bonne santé grâce à l’effet des anticorps.

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