CHANGER LE RESSENTIMENT NATIONAL: LE TEMPS DU STORYTELLING

Si nous voulons maîtriser le changement qui vient et ne pas laisser à des officines secrètes et à des manipulateurs la main mise sur notre pays après Biya, il est indispensable de ne plus se contenter de crier au changement, mais plutôt de commencer à définir la manière dont celui-ci serait mis en place. Quand on a voulu promouvoir la transparence lors des élections, on a bien mis partout en place une structure comme ELECAM . Il est temps d’arrêter de parler et que soit mis en place une véritable plateforme du changement qui vient, afin que les camerounais puissent maîtriser leur propre destin et que leur avenir ne leur soit plus volé comme par le passé.
Notre culture africaine nous a doté d’un puissant instrument dont on se sert malheureusement très peu dans le cadre national. Il s’agit de ce qu’on appelle en anglais le STORYTELLING. Une culture de la narration orale, une culture de la parole ou on se raconte et on raconte aux autres avec ses symboles tels que “la canne de la parole” ou celui à qui on confie la responsabilité de gérer la parole d’une communauté, de porter leur parole est avant tout un érudit dont la mission est avant tout de désamorcer les conflits. Qui ne va pas être d’accord avec moi qu’aujourd’hui cette parole nous manque beaucoup et le silence qu’on nous sert aujourd’hui comme unique manière d’approcher le changement nous pèse; car il n’est pas notre culture. Notre communauté nationale a besoin de faire comme elle faisait jadis, de “s’asseoir”. Ne dit-on pas chez nous que “quand on ouvre, ça sèche et quand on couvre, ça pourrit”?
La première mission qu’aurait cette plateforme du changement serait de définir ce qu’on entend par changement afin que quand on dit changement, que nous soyons tous d’accord que tous les camerounais parlent de la même chose. Si le changement n’est vu que comme le changement d’un homme ou d’une équipe, qu’est-ce qui nous dit qu’il y aura de réels changements qui vont affecter en bien nos vies quotidiennes? Il deviendrait alors difficile que des gens viennent tromper les camerounais à propos de ce changement. Laissez les camerounais dans cette situation de confusion pensant qu’elle va profiter a son camp est un jeu dangereux.
Parce que l’identité nationale ne prime pas toujours sur la tribu et le clan, il est nécessaire de se servir de la culture et de la culture africaine du STORYTELLING pour changer les “narratives ethniques” en “narratives nationales” et éviter des confrontations lors du changement.
Nous devons donc aujourd’hui faire preuve de créativité et d’ingéniosité pour intéresser les camerounais à ce changement si nous voulons éviter qu’ils soient manipules par différents groupes d’intérêts. Nous pouvons nous reconstruire une identité nationale en se servant de ces conversations au coin du feu du Cameroun des villages et des villes pour créer une nation solide, redonner la foi aux camerounais découragés et aux communautés instrumentalisées… car, au commencement, il y a toujours une histoire…
Une histoire dont nous tirerons les idées, les valeurs et l’approche pour de nouveaux modèles qui accompagneront ce changement que nous voulons dans l’éducation, la santé, le développement économique…
Et surtout une histoire qui donnera du sens aux hommes et aux femmes qui devront se lever tous les jours et travailler pour vivre une autre histoire!
Comment autrement éviter les conflits ethniques si ce n’est en donnant aux uns et aux autres le sentiment d’une histoire nationale commune? Si certains brandissent le “diviser pour régner” colonial comme approche a succès qui a permis la stabilité du Cameroun, le constat est que celui qui divise règne peut-être, il règne même très longtemps, mais le peuple lui reste divisé ; une division qui aujourd’hui représente une véritable menace pour l’avenir de ce pays. Il s’agit avec le STORYTELLING d’arrêter avec cette vision d’un Cameroun en morceaux. Et commencer à recoller tout ce qui a été cassé avant qu’il ne soit trop tard.
Il s’agit donc a travers le STORYTELLING de revisiter par la parole au sein de chaque communauté ces choses qui nous divisent ou produisent un “ressentiment national” qui fait que ce Cameroun dont ils parlent aujourd’hui ne nous parle plus. Parmi les points qui produisent ce ressentiment, il y a avant tout l’appartenance ethnique ou tout simplement le tribalisme. Parfois notre appartenance ethnique nous fait détester le Cameroun, le STORYTELLING devrait résoudre ce problème. Il y a ensuite les richesses naturelles; le fait qu’on exploite les richesses de notre sol et notre sous-sol parfois dans notre localité sans qu’on en voit les retombées peut nous faire aussi détester le Cameroun. Il y a le déni d’histoire, quand nos parents et grands parents ont lutté pour l’indépendance de ce pays, sont en morts et qu’on voit les dirigeants d’aujourd’hui en profitent “gloutonnement” sans aucune reconnaissance ; tout cela peut nous faire ne fait ne plus aimer ce pays. Il y a le manque de dialogue inter-ethnique, lorsque nous imaginons que l’autre ethnie est entrain de faire des plans pour profiter seule et nous éliminer fait que nous pouvons avoir un ressentiment contre le Cameroun. Etc. etc.
Tous ces ressentiment sont tous du même ordre; ce sont des histoires, des histoires qu’on se raconte et qu’on raconte aux autres, du STORYTELLING. Puisque qu’on dit que toutes les belles histoires sont vraies parce qu’elles ont été inventées, vous comprenez que nous avons besoin de nous re-raconter a nous tous nos belles histoires qui en fait n’en feront qu’une et une seule, ce sera l’histoire du Cameroun. Aoulaoula!

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