Marche démocratique, Armée camerounaise et Boko Haram

En décidant d’organiser une marche pour soutenir notre armée au front contre Boko Haram, les jeunes journalistes camerounais derrière cette initiative ouvrent un nouveau chapitre dans l’histoire de notre pays car qui dit journalisme, dit liberté et même liberté d’expression. Avec cette marche prévue pour le 28 février prochain l’armée camerounaise , la liberté d’expression et la démocratie (qui s’exprime ici par le fait de marcher) se retrouvent pour la première fois dans un face à face historique. Car si notre armée a été crée précipitamment à la veille de l’indépendance par la France, c’était avant tout pour venir à bout des nationalistes camerounais de l’UPC. Notre armée a donc été pensée, équipée, formée et gérée pour combattre un “ennemi “intérieur, c’est à dire le camerounais. Sa culture et ses méthodes ne se sont toujours pas affranchi, du moins officiellement de la culture de la répression des siens initiée par les français à cette époque. Pouvons-nous dire que la guerre contre Boko Haram est entrain de permettre une mutation? Difficile à dire car au dessus du modèle de l’armée imagine par les français, est venu se greffer le modèle israélien dont les missions principales sont la protection du chef de l’État (GP) et des interventions brèves et ciblées (BIR). La marche qu’organisent ces acteurs de la vie démocratique au Cameroun que sont les journalistes propose de fait un nouveau contrat entre le peuple camerounais et son armée. Une armée qui a besoin que ce peuple lui pardonne ses crimes passes et qui doit aujourd’hui accepter de se mettre au service de ce souverain populaire qu’est ce peuple comme c’est le cas dans tout pays qui aspire à devenir démocratique.
La marche comme acte de réconciliation entre le peuple et son armée en pleine bataille est d’autant plus symbolique qu’une loi vient d’être votée pouvant condamner a mort ceux qui marche selon l’interprétation qui serait faite du sens de leur marche, car dans la confusion qui règne en ce moment dans les esprits par manque d’informations officielles qui ont laisse entendre à certains moments que derrière Boko Haram se cacheraient certains responsables camerounais, à un autre moment c’étaient la France qui voudrait déstabiliser le Cameroun… Il n’y avait que des journalistes passionnes, et qui de par leur métier sont dans les secrets des dieux, pour nous dire exactement de qui Boko Haram est le nom…
En soutenant notre armée par des marches, des prières, des motions de soutien, des incantations etc., le peuple camerounais confirme bien qu’il a opte pour l’usage des armes pour venir à bout de la secte, même si d’autres méthodes dont nous ignorons tout ont été utilisées pour permettre à plusieurs reprises la libération des otages détenus par cette même secte. Et à travers ce choix, il serait important que le peuple camerounais aie une meilleur lisibilité du fonctionnement de cette armée qui en d’autres temps fut son ennemi. Qui, après le président bien, sur est le vrai commandant en chef de cette guerre? Quelle est la hiérarchie militaire en place actuellement? Qui doit à ce stade doit parler au peuple? Parce que cette marche devient de fait un exercice démocratique entre le peuple et son armée, il est aussi important de savoir si en marchant pour l’armée camerounaise, nous marchons aussi pour l’armée tchadienne ? A quand cette unite militaire panafricaine?

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