BONNE FETE ET HAPPY ENDING ( BONNE FIN)!

Il est difficile de ne pas juxtaposer nos célébrations du 6 novembre correspondant à « l’accession à la magistrature suprême » du président Paul Biya en 1982 avec le départ de Blaise Compaore au Burkina Faso le 31 octobre pour avoir voulu modifier la constitution et prolonger a partir de 2015 les 27 ans qu’il a passé à la tête de son pays. Malgré l’écho que certains font des deux événements ils demeurent traités de manière sépares, pourtant nos cerveaux ne peuvent s’empêcher de les associer. L’un est une célébration de la naissance d’un régime qui va durer et l’autre est une célébration de la fin d’un règne qui a trop duré.
La première question que les images qui nous viennent du Burkina nous posent est celle de savoir comment notre président actuel qui a lui modifié sans revendications populaires la constitution pour se représenter en 2011 et briguer un nouveau mandat de 7 ans partira-t-il du palais d’Etoudi? Comme Blaise Compaore en fuyant? Ou plutôt sous les ovations du peuple camerounais l’acclamant tout au long de son passage?
L’autre question que les célébrations du 6 novembre nous posent toujours en parallèle avec ce qui se passe à Ouagadougou est de savoir si comme les Burkinabés qui n’avaient rien a reprocher à Compaore en termes de gestion du pays qui était plutôt bonne, les camerounais seraient-ils eux aussi exaspérés par la longévité du président Paul Biya ?
Une autre question qu’on ne peut s’empêcher de se poser c’est celle de savoir ce que le très discret président Biya pense. Pense-t-il comme tous ces leaders africains dont la liste est longue et dont Compaore fait partie, qui ne quittent le pouvoir que s’ils meurent au pouvoir ou en sont chassés? Ou bien pense-t-il totalement différemment ? Et s’il pense autre chose, que pense-t-il alors?

Il est important de rappeler que la question de la fin est une question angoissante pour tout être humain y compris chacun d’entre nous. La question de savoir comment nous allons finir est une question sensible mais une question à laquelle on ne saurait échapper car c’est à partir de l’idée qu’on se fait de notre fin qu’on esquisse notre projet de vie.
Le 6 novembre est un début, le 31 octobre une fin. On parle du Burkina, on pense au Cameroun. Tout a un début, tout a une fin. Vivre, c’est gérer cette intervalle, à chacun sa méthode.
Comment rester sourd et aveugle à cet espoir qui nous vient de Ouagadougou? Pourquoi tuer l’espoir d’une jeunesse africaine, plus particulièrement celle de notre Afrique subsaharienne francophone qui voit en cette fin de règne un possible nouveau départ, une renaissance qui est indéfiniment ajournée depuis les indépendances ? Comment ne pas vouloir avec eux organiser à partir de la fin, cet avenir, quand on a été soi-même jeune et surtout quand on va laisser des enfants? Il est difficile de croire que les parents préparent un avenir à leurs enfants sans toutefois que ces derniers soient impliqués; car c’est à eux, à la jeunesse qu’appartient ce pays. L’égoïsme nous rongerait-il au point où dans cet l’intervalle qui se situe entre notre naissance et notre mort, notre arrivée et notre départ, nous sommes dans l’incapacité de produire du sens pour nos enfants, sans que eux-mêmes se trouvent obligés comme au Burkina de « tuer le père »? Ce père africain à la mentalité de colonisé qui, de compromissions en compromissions a appris à accepter l’inacceptable et aujourd’hui voudrait l’imposer comme modèle d’avenir à sa progéniture.
Parce qu’elle est restée malgré toutes ces années une invention, notre Afrique a besoin de se réinventer, et comme toute fin est un nouveau chapitre à ouvrir, on est en droit pas seulement d’espérer mais de préparer cette fin au Cameroun afin qu’elle soit cette réinvention qu’on appelle de tous nos vœux. Sinon, notre pays offrira sur les chaînes de télévision du monde, une fois de plus, ce spectacle désolant d’une fin de règne « à l’africaine” comme on en voit partout, montrant des leaders africains dans la logique du “après moi, le déluge”, incapables d’anticipation, préférant être rattrapés par leur passé, et confirmant tous les stéréotypes racistes sur “l’homme africain”.
Au delà du sort qui est réservé à la personne et à l’entourage, en ces circonstances, la fin du règne de Compaore qui met sur la table l’avenir du pays des hommes intègres, interpelle les camerounais qui en ce jour de naissance du régime de Paul Biya, ne peuvent ne pas avoir une pensé pour sa fin, tout en souhaitant pour tous qu’elle soit belle comme au cinéma; un HAPPY ENDING. BONNE FETE du 6 novembre et surtout BONNE FIN!

Jean-Pierre Bekolo
le 6 novembre 2014

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