le théâtre politique

Notre espace politique est un espace théâtral dans lequel règne une complicité silencieuse et malsaine qui unit le maître trompeur aux trompés… les acteurs jouent leur rôle dans un « ordre public » qui ne produit ni développement ni révolution… la surenchère des slogans, des mots d’ordres mobilisateurs et des discours creux éloignés de la réalité sociale ne font que traduire l’impuissance du politique face à la morbidité qui frappe la majorité de la population.

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L’EPOQUE OU ON SAVAIT

A L’Epoque, on Savait
On savait qui était qui.
Même si on appelait Ahidjo le père de la nation,
on savait tous que le vrai père de la nation était un homme qui avait été assassine et dont on ne pouvait pas prononcer le nom. On savait…
On savait que quand il s’agissait de penser, les philosophes étaient Marcien Towa, Eboussi Boulaga.
Que quand il s’agissait de parler du droit, il n’avait que Thomas Melone, on savait.
Mongo avait beau être interdit de séjour au Cameroun, ses romans restaient au programme car on savait que l’écrivain, c était lui. On savait…
Ils avaient beau être nombreux, on savait que pour la musique c’etait Manu Dibango.
On avait beaux aimer d autres films, on savait que le cinéaste c’était Dikongue Pipa. On savait.
Quand il était question de présenter le journal radiodiffusé, on savait que c’était Jean Claude Ottou .
On savait que le ballon rond était l’affaire de Roger Milla, les autres pouvaient parler, mais ils savaient.
Il y avait beaucoup d’autres doués, connaisseurs et talentueux, mais c’est comme si eux-mêmes voulaient qu’on sache qui était qui…
Depuis quelque temps, on ne sait plus.
On ne sait plus qui est qui.
Que sait-il passé pour qu’on ne sache plus aujourd’hui?
Le problème ce n’est pas de ne plus savoir, mais plutôt d’avoir oublié qu’on savait.

LES CHINOIS DOIVENT-ILS CHASSES DU CAMEROUN APRES PAUL BIYA?

Il est urgent pour les hommes d’affaires camerounais et les entreprises étrangères au Cameroun de lancer un forum économique sur le Cameroun après Biya afin prévenir les risques dont les populations seront  certes les premières victimes  mais aussi et surtout le secteur économique.

 L’emprise étrangère sur l’économie du Cameroun sur la base des accords signés par le gouvernement du Cameroun sera la question principale a la fin du régime en place.  Cette question ne se pose pas seulement pour le Cameroun car selon le Africa Progress Report signé par les « sages » avec à leur tête Kofi Annan, le manque à gagner des peuples africains dans ces contrats devrait désormais être réclamé à ces entreprises étrangères profitant de la corruption des gouvernements africains.

Quelle entreprise économique peut prétendre se passer des prévisions, de l’analyse des risques, des scénarios d’anticipation? Si personne dans le monde des affaires au Cameroun, ne parle de l’Après-Biya, pourtant inéluctable, c’est parce que tous aujourd’hui, poursuivent cette politique de l’autruche qui refuse de préparer les Camerounais au changement qui les attend, quand on sait que ce changement se prépare comme d’habitude sous d’autres cieux!!! De la politique de l’autruche nous sommes  passés à l’économie de l’autruche!  Si on peut comprendre les entreprises étrangères de mèche avec les régimes africains corrompus qui exploitent les richesses du continent sans véritable bénéfice pour les peuples, l’attitude des milieux d’affaires camerounais (non-liés aux multinationales) est encore plus inquiétante. Car quelque soit le scénario, ils seraient les premiers perdants de ce refus d’anticipation qu’est cette économie de l’autruche. Les étrangers eux, savent à raison que les africains, quel que soit le régime, restent incapables du sursaut nationaliste visionnaire-pourtant bien venu-qui les verraient dépossédés de ces privilèges que condamnent les « sages ». Les hommes d’affaires camerounais  savent qu’un changement à la tête de l’Etat verrait naître une nouvelle génération d’hommes d’affaires selon la logique du « c’est notre tour », au détriment des hommes d’affaires actuels affiliés de fait au régime actuel. Parce que nous savons que le départ de Paul Biya comme jadis celui de Mobutu, de Houphouet Boigny … présente à la fois un risque politique et économique,  risques liées à une longévité qui associe l’Etat à un homme,  un forum economique pour prendre les Grandes Decisions est necessaire: soit on décidera de chasser les chinois, soit on les gardera. Mais aujourd’hui, quelque soit l’attitude opportuniste des uns et des autres vis à vis du régime actuel, il est important que tous sachent que le changement arrive et le peuple camerounais se souviendra  toujours de qui était dans son camp à lui.