LE PRESIDENT: LE COMPLOT DES INSTITUTIONS

 

Les ACP et à travers eux l’Union Européenne s’ajoutent ce jour à la liste des institutions ayant refusé de s’impliquer d’une manière ou d’une autre à la production et à la distribution du film LE PRESIDENT emboîtant ainsi le pas à l’Institut Français, l’Organisation Intergouvernementale de la Francophonie (OIF), Canal Plus pourtant coproducteur et maintenant les Afrique Caraïbes Pacifique -Union Européenne (ACP-UE).

LE PRESIDENT – Comment sait-on qu’il est temps de partir? reste un film de fiction qui a pour objectif essentiel de préparer les esprits camerounais à l’idée qu’un jour ou l’autre, leur président vieillissant (80 ans) au pouvoir depuis 30 ans va devoir partir.

Aujourd’hui, le complot de ces institutions ne fait plus aucun doute quand on voit ce qui se passe dans nos pays africains. Elles ont vidé le cinéma africain de sa substance, pour ne plus en faire qu’un “machin” qu’on trimbale de festival en festival pour le plaisir le public occidental. Sembène Ousmane qui signait ses lettres par“la lutte continue” doit se retourner dans sa tombe car ce cinéma africain qu’il a contribué à créer avec d’autres avait pour principal objectif de libérer l’Afrique et ses esprits du colonialisme. Il suffit d’allumer son écran de télévision pour se rendre compte que le cinéma africain a une tâche immense face à cet assaut occidental sur le sol et “les imaginaires africains”. Pendant que l’Afrique est occupée militairement, occupée économiquement, occupée politiquement, occupée mentalement, où va l’argent de ces institutions représentées par des africains de paille gardiens du temple? Dans les voyages au festival de Cannes, dans les cocktails, dans des films vidés de leur substance avec pour unique but de faire diversion, de distraire l’africain de la prise de conscience qui doit être la sienne. Pourquoi acceptons-nous que notre président discute de sa succession avec toutes les chancelleries occidentale sauf avec les camerounais? Pourquoi acceptons-nous que les OIF, ACP, UE, Institut Français, Canal Plus dont le financement n’est justifié que par le fait que derrière il y a des africains qui doivent en bénéficier ne puissent pas aider les camerounais à travers le cinéma – qui trouverait ainsi son véritable rôle – à se prémunir par anticipation d’une violence qui pourrait surgir de la fin de ce très long règne du président Paul Biya? Il appartient aujourd’hui aux cinéastes de prendre toute la mesure de cette conspiration dont ils se font complices en se taisant ou en allant quémander des subsides qui chez tel chef d’Etat, qui chez cette multinationale, car réduits à la précarité et à la survie. Ou est passé l’engagement des balufu Bakupa Kayinda, Bassek Ba Khobio, Cheick Oumar Cissoko? Que sont devenus leurs projets sur Sankara, Um Nyobe, Amilcar Cabral? Les cinéastes africains doivent aujourd’hui prendre toute la mesure de leur rôle dans cette « occupation des imaginaires » des peuples africains et doivent exiger aux institutions occidentales et leurs dirigeants l’arrêter ce projet d’anéantissement de l’Africain!

 

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s