Le RDPC se fiche des Pauvres

le 14 Août 2011

Mes voyages à travers le monde m’ont appris qu’il n’y a que deux manières de faire de la politique. Soit on défend les riches et on est de droite, soit on défend les pauvres et on est de gauche. Le partage des richesses nationales est ce qui défini tout le jeu politique.
Le système politique camerounais mis en place par l’ancien président dans l’UNC et qui s’est poursuivi avec l’actuel président au sein du RDPC, consistant à partager avec une région les richesses nationales à travers les nominations des élites à des postes importants dans l’espoir que ces derniers redistribueront aux plus pauvres dans leur région n’a pas fonctionné.
D’abord l’élite ne dispose pas de ressources « légales »pour entretenir les ressortissants de sa région. Aucune ligne budgétaire n’est prévue à cet effet dans les entreprises ou les ministères qu’ils gèrent avec des missions régaliennes pour la Républiques. Par démagogie, les élites jouent le jeu et font dans le trafic d’influence et la corruption, laissant croire à leurs ressortissants qu’ils ont cette capacité de les entretenir.
En plus, reconnaissons que ce modèle de redistribution a surtout eu pour conséquence de n’enrichir qu’une élite minoritaire au nom des ressortissants d’une région. Ce modèle est de « droite ». Même au sein de l’opposition qu’elle participe au gouvernement, à l’assemblée nationale ou qu’elle soit de l’extérieur, nous semblons là aussi avoir à faire à des partis de « droite » ne défendant pas les pauvres et les plus faibles. Avec toute une classe politique de « droite », les pauvres au Cameroun sont définitivement abandonnés à eux mêmes. Nous avons vu pousser plus de villas et circuler plus de voitures de luxe ces dernières années que nous avons vu se développer les transports en commun, l’accès aux soins, à l’éducation, à l’eau, l’électricité. Bref tous les secteurs et infrastructures qui allègeraient le calvaire quotidien des plus démunis. Cette situation ne semble gêner personne surtout en cette période électorale. Il n’est pas sûr que les plus pauvres sauront trouver un porte-parole au cours de cette élection au milieu de tous ces partis de « droite » où la campagne des opposants reste sourde, comme s’il manquait à cette opposition les thèmes sur lesquels ils pouvaient s’opposer.
Si cette élection doit changer une chose, c’est avant tout la manière dont on fait la politique au Cameroun. Elle devrait nous permettre d’identifier idéologiquement tous les acteurs de la vie publique qu’ils soient élus ou pas. Car parmi nous se cachent des fondamentalistes, des intégristes et même des extrémistes non identifiés s’appuyant ici sur une rhétorique légitimiste, là sur une rhétorique ethniciste. S’il ne fait aucun doute que le président actuel malgré ses origines modestes est un homme de droite très distant du peuple et des pauvres, il n’en demeure pas moins pour autant qu’il appartient à l’aile modérée des divers courants de droites incarnés par tous ceux qui prétendent au pouvoir. Et de nombreux camerounais risquent de regretter d’avoir porté leur dévolu sous prétexte de changement sur l’un de ces derniers.
Il est clair que les hommes politiques camerounais actuels encore agrippés à la représentation ethnique et régionale sont enlisés dans des pratiques d’un autre âge et doivent tous entrer dans la modernité en faisant de la politique comme on la fait ailleurs s’ils ne veulent pas se voir disqualifiés dans leur rôle. Ailleurs, on fait la politique pour défendre les intérêts des riches ou les intérêts des pauvres . La politique est un débat publique sur la répartition des richesses nationales. Ici on fait des choix d’investissement qui pour certains doivent alléger la pénibilité de la vie quotidienne des citoyens les plus faibles, là on décide de soutenir par la fiscalité par exemple une classe bourgeoise censée tirer la masse en créant des emplois, en stimulant la consommation etc. La politique doit tanguer entre une gauche des pauvres et une droite des riches et surtout favoriser l’alternance pour que la nation soit au final le seul bénéficiaire de la politique. Alors chers politiciens du RDPC et des autres partis dites-nous pourquoi vous avez abandonné les pauvres ?

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Un commentaire

  1. Cledet · mars 14, 2013

    Je ne suis pas d’accord avec cette dichotomie: la droite défend les riches et les gauches les pauvres, c’est trop facile et trop rapide. Cette phrase mérite d’être nuancé. cependant, ce n’est pas ce qui m’emmène ici ce soir, c’est avant tout pour savoir où sera projeté le film , Le président et comment on peut faire pour le voir en Belgique.

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