Guerre et Paix

1er Octobre 2011
Lorsque j’entends évoquer la guerre et la paix aujourd’hui, on dirait que guerre et paix sont de la même nature qu’une pluie qui s’abattrait sur nous sans qu’on en ait la moindre maitrise ni la moindre responsabilité. La guerre est un choix des hommes comme la paix est aussi un choix des hommes. La guerre comme la paix ne sont donc pas des phénomènes naturels désincarnés qui nous tomberaient dessus sans la volonté des individus que nous sommes. Voilà pourquoi après une guerre on juge et on condamne les responsables et lorsque la paix est préservée on attribue aux responsables un prix Nobel par exemple. S’il y a la guerre au Cameroun ce sera une volonté des camerounais, et les deux camps responsables de cette guerre seront jugés. S’il y a la paix ce sera aussi la volonté des camerounais et les deux parties responsables de cette paix seront récompensés.
Dans le cas de la guerre comme de celui de la paix, il y a toujours deux camps en présence, deux camps qui ont un différend à régler. Les deux camps ici ce n’est pas forcément le régime actuel et l’opposition, c’est tous les camerounais divisés sur la question qui pose problème. Puisqu’il s’agit d’une élection présidentielle, le différend qui oppose deux camps actuellement est celui d’une alternance. Le président Paul Biya doit-il rester ou partir ? Voilà le différend qui, s’il est résolu va amener la paix et s’il ne l’est pas va provoquer la guerre. Les uns reprochent aux autres de vouloir faire partir le président et les autres de vouloir le garder. (Il est important dans ce débat de ne prendre en compte ici que la volonté des camerounais et non des pays étrangers. Il est aussi important de ne pas s’attarder sur les lois et autres règles qui ont parfois été manipulées à l’avantage des uns ou des autres.)
Qui dit différend dit négociation et dans toute négociation, on tient compte des rapports de force (à ne pas confondre avec la contrainte) sur le terrain dans lopinion, les soutiens, les moyens etc. Puis arrive toujours le moment crucial des concessions. Quest-ce que chaque camp concèdera à lautre? Car il faudra bien le camp qui pense que Paul Biya doit partir fasse des concessions et que celui qui pense que Paul Biya doit rester en fasse aussi. Sinon le pays va se trouver divisé avec ce risque évidement que lacharnement des uns et des autres aboutisse à un conflit qui prendrait une autre forme, je pense à un conflit armé qui quelque soient les raisons représentera un échec pour tous et disqualifiera les deux parties.
C’est donc de notre capacité à résoudre ce différend que créé la question du départ du président actuel qu’on aura la paix ou pas. Ne dit-on pas chez nous qu’« une affaire d’Hommes ne dépasse pas les Hommes » ? Les camerounais devraient donc avant toute chose commencer par se parler. Est-ce vraiment le cas actuellement ? Si on entend ici et là les uns et les autres, une voix essentielle manque, celle du président qui détient lui-même les clés de cette guerre qui menace comme de cette paix souhaitée. Peut-on encore compter sur lui pour être cette instance intelligente et fédératrice en quête du compromis pour qu’il y ait la paix ? Ou bien opèrerait-il maintenant dans un esprit partisan et nuvrerait plus que pour un seul des camps, le sien ; se disqualifiant à jamais pour être celui qui sauvera le Cameroun d’un conflit ? Qui aujourd’hui mieux que lui est crédible pour animer ce débat avec pour intention de préserver la paix pour tous les camerounais ? Car ne l’oublions pas c’est du côté de son régime que se trouvent les moyens les plus importants pour faire une guerre. S’il y a quelqu’un quon accepte encore quil soit juge et partie c’est bien Paul Biya, mais pour combien de temps ? Sinon avec chaque partie campant sur ses positions – ceux qui disent que Paul Biya doit rester pour la paix et ceux qui disent qu’il doit partir sinon c’est la guerre – c’est une fois de plus à la fameuse « communauté internationale » que reviendra l’arbitrage avec les conséquences quon connait. La sagesse voudrait que cet arbitrage soit anticipé et organisé par les camerounais eux-mêmes. Au vu du débat bipartisan actuel, restera-t-il encore des camerounais fédérateurs pour être ces négociateurs de la paix qui iraient rencontrer le président Paul Biya sans attendre la France ou les Etats-Unis pour discuter des conditions de son départ à court, moyen ou long terme?

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