LA RESTITUTION DU SAVOIR

Il est assez curieux que l’on parle de restitution sans parler de ce qui aurait dû être restitué au moment où les Africains ont pris en main leurs propres pays, je parle de la connaissance. Voilà des pays créés par des Européens dont les dirigeants et les populations en savent moins que ceux qui les ont colonisés. Quelles informations possèdent les pays colonisateurs sur les pays qu’ils ont colonisé?  Comment en est-on arrivé à parler de la restitution des objets sans parler de la restitution des connaissances accumulées pendant ces longues périodes d’occupation et d’exploitation ? Distraction ? Nous parlons de tout sauf de ce dont nous devrions parler. Que voulez-vous que nous fassions des masques et autres objets? Retourner dans nos tribus pendant que l’exploitation necoloniale se poursuit? Et la districation tribale semble bien marcher, ils organisent « La Route des Chefferies » pendant que nous ignorons qu’ils ont exploité une pierre dans les années trente qui s’appelle la Bamilekite. Non, nous ne voulons pas les objets, nous voulons les connaissances! Nos territoires et nos populations ont fait l’objet de nombreuses études et expériences dont l’information se trouve dans le cas du Cameroun entre l’Allemagne, l’Angleterre et la France. Le président Macron qui nous a si bien distraits avec sa restitution de 26 objets africains sur 80 000 ne s’est pas caché en déclarant devant les Camerounais lorsqu’on lui a demandé de demander pardon pour les crimes commis par la France au Cameroun, qu’il allait ouvrir les archives. Comment se fait-il que les archives concernant nos deux peuples et parfois le nôtre seulement soient encore entre vos mains et sans que nous y ayons accès ? Si, comme le dit Prakash Menon, les archives sont la « clé du pouvoir », quel est le pouvoir réel des dirigeants dont les archives sont gardées secrètes ailleurs ? Comment diriger un pays dont la carte minière pour parler du Cameroun est connue par les Allemands depuis 1912 et les Français qui avaient signé un décret pour l’obtention de permis d’exploitation pétrolière en 1921 ? Si on s’en tient à ce pétrole dont le premier président Ahidjo jusqu’à son départ en 1982 n’en avait jamais parlé, donc pour lui le pétrole n’existait pas au Cameroun, et le président Biya jusqu’à aujourd’hui le gère de manière confidentielle avec la Société Nationale des Hydrocarbures SNH. Les camerounais doivent réclamer les archives allemandes, anglaises et françaises et arrêter de se laisser distraire par des masques africains dont ils ne sauront pas eux-mêmes quoi faire car il s’agit de la naissance et du développement d’un état moderne, le Cameroun. Quand on regarde les publicités de la presse coloniale française des années 1920 présentées à l’exposition – 1916 Les Allemands quittent le Cameroun La France s’installe – que nous organisons au Quartier Mozart à Yaoundé, on comprend comment le monde des affaires s’organise dans les colonies, et qui en sont les acteurs. On apprend aussi au cours de cette même exposition que ce sont les Camerounais qui, avec la maladie du sommeil ont servi de cobayes pour les expériences de confinement qui ont permis à Hitler de créer les camps de concentration nazis. Ne dit-on pas que si vous voulez cacher quelque chose à un Africain, mettez-le dans un livre ? Il reste assez étonnant que malgré tous les intellectuels qui ont écrit sur la restitution, aucun d’entre eux n’a demandé la restitution du savoir. Ont-ils été distraits par la commande ? Car malheureusement, l’initiative, le financement, l’agenda et même la reconnaissance culturelle et intellectuelle restent avant tout  Européennes. 

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THE RESTITUTION OF KNOWLEDGE

It is rather curious that we talk about restitution without talking about what should have been restituted at the time when Africans took their own countries in hand, I am talking about knowledge. Here are countries created by Europeans whose leaders and populations know less than those who colonized them. What information do the colonizing countries have about the countries they colonized? How did we come to talk about the restitution of objects without talking about the restitution of knowledge accumulated during these long periods of occupation and exploitation? Distraction? We talk about everything but what we should talk about. What do you want us to do with the masks and other objects? Go back to our tribes while the neocolonial exploitation continues? And the tribal districation seems to be working well, they are organizing « La Route des Chefferies » while we don’t know that they exploited a stone in the 1930s called Bamilekite. No, we do not want the objects, we want the knowledge! Our territories and our populations have been the subject of many studies and experiments, the information of which is in the case of Cameroon between Germany, England and France. President Macron who distracted us so well with his restitution of 26 African objects out of 80,000 did not hide himself by declaring in front of the Cameroonians when he was asked to ask for forgiveness for the crimes committed by France in Cameroon, that he was going to open the archives. How is it that the archives concerning our two peoples and sometimes ours alone are still in your hands and without our access to them? If, as Prakash Menon says, archives are the « key to power, » what real power do leaders whose archives are kept secret elsewhere have? How do you run a country whose mining map, to speak of Cameroon, has been known to the Germans since 1912 and to the French, who signed a decree to obtain permits for oil exploitation in 1921? If we stick to this oil which the first president Ahidjo until his departure in 1982 had never spoken about it, therefore for him the oil did not exist in Cameroon, and President Biya until today manages it in a confidential way with the National Company of Hydrocarbons SNH. Cameroonians must claim the German, English and French archives and stop being distracted by African masks which they themselves will not know what to do with because it is about the birth and development of a modern state, Cameroon. When we look at the advertisements of the French colonial press of the 1920s presented at the exhibition – 1916 The Germans leave Cameroon France settles – that we are organizing at the Quartier Mozart in Yaoundé, we understand how the business world is organized in the colonies, and who the actors are. We also learn during this same exhibition that it was the Cameroonians who, with sleeping sickness, served as guinea pigs for the confinement experiments that allowed Hitler to create the Nazi concentration camps. Don’t they say that if you want to hide something from an African, put it in a book? It remains quite astonishing that despite all the intellectuals who have written about restitution, not one of them has called for the restitution of knowledge. Were they distracted by the order? Because unfortunately, the initiative, the financing, the agenda and even the cultural and intellectual recognition remain above all European.

STOP: ETO’O vs NOAH


Ce que les Camerounais écrivent sur Yannick Noah sous prétexte de soutenir Samuel Eto’o me brise le cœur. Il n’y a rien d’autre à dire, ce n’est ni plus ni moins que du racisme. NON, les origines ethniques ou raciales d’un individu ne devraient jamais être le prisme sous lequel on définit une personne et encore moins le juger. A la lecture de ce que je viens de lire, il est clair que les Camerounais sont racistes. Comment peut-il en être autrement si le racisme n’est qu’une extension du tribalisme qui est désormais monnaie courante dans notre pays.
N’y a-t-il plus personne dans ce pays pour dire stop ? Si diviser était une stratégie politique, il est de plus en plus certain qu’après le départ de Paul Biya, nous devrons ramasser ce pays en lambeaux.
Si nous avons connu et aimé Samuel Eto’o et Yannick Noah, c’était sur les terrains de sport. D’où vient que le fanatisme des supporters passe des stades à la gestion des affaires du football ? Ce ne sont pas les partis politiques, ce n’est pas le football lui-même mais plutôt sa gestion qui est devenue le théâtre d’une guerre sans merci entre les partisans de l’un et de l’autre. Alors que les futurs Noah et Eto’o croupissent dans les quartiers sans fans ni supporters et encore moins une politique de développement su sport national? Si les Camerounais sont autant passionnés par Eto’o et Noah, c’est parce qu’ils ont été fabriqués par un monde au delà de leurs frontières alors que le leur se meurt. S’ils focalisent toute leur attention sur ces icônes mondiales c’est parce qu’ils ont eu le malheur de revenir dans leur pays, le Cameroun . Deux Camerounais qui sont aussi français pour l’un et espagnols pour l’autre dans un pays qui refuse la double nationalité. Les Camerounais se comportent comme si le monde entier leur devait quelque chose, soyons clairs, Yannick Noah ne vous doit rien. Incapable d’aller demander des comptes à ceux qui vivent sur votre dos et qui ont juré de vous servir, c’est à Noah que vous demandez de faire quelque chose pour le Cameroun, la question qui se pose est la suivante, le méritez-vous ? Voilà un pays où tout le monde veut que son enfant ait une nationalité européenne ou américaine, fait tout pour intégrer les administrations et entreprises françaises, américaines, allemandes… mais eux par contre le système camerounais reste une forteresse inaccessible aux étrangers et même aux camerounais de la diaspora. Comment comprendre cette vision  » parasitaire  » de la relation à l’Autre où l’on reçoit mais on ne donne pas ? Sachez que ces pays qui s’ouvrent à vos enfants ne le font pas parce qu’ils ont peur de vous ou parce que vous êtes plus intelligents, ils le font parce qu’ils ont choisi le multiculturalisme comme modernité malgré le repli identitaire et l’extrême droite. S’il y a une chose avec ces sociétés occidentales, loin d’être stupides, elles s’ouvrent à nous, Africains, parce qu’elles veulent s’enrichir de nos cultures. Ainsi, nos artistes font la tournée des festivals dans leurs pays. Quand nous voulons nous enrichir de l’Occident, c’est pour acheter dans les supermarchés. Pourquoi voyons-nous les choses de cette manière ? Certes, il y a eu la colonisation avec son cortège d’ombres, mais cela ne signifie pas qu’il soit impensable pour nous d’envisager une véritable politique d’accueil de l’autre. Les Nigérians ont accueilli les fermiers blancs du Zimbabwe en faisant d’eux des Nigérians, les Ghanéens offrent la citoyenneté aux Afro-américains, les Camerounais sont incapables d’offrir la citoyenneté camerounaise aux Camerounais. Voilà un peuple en roue libre sans direction qui court dans tous les sens comme un poulet sans tête, prisonnier d’un vieux monde fait de jalousie, de haine et d’envie, avec des gens qui ont pris l’habitude de tout faire et de tout faire, de tout dire et de tout dire… n’oublions pas que chaque jour nous ajoutons de nouvelles divisions aux divisions déjà effectives comme la crise anglophone ou la crise post-électorale. Si Eto’o et Noah en arrivent à nous diviser, c’est nous le problème et non pas ce que nous sommes censés défendre à travers leurs noms. Arrêtez ce que vous faites. L’Africanisme ne doit pas devenir un racisme! Le Cameroun ne doit pas se construire contre les autres et encore moins contre nous-mêmes. Apprenez à vous inventer un pays.

NOTRE DESTIN FRANÇAIS

Avez-vous déjà vu un ministre camerounais faire un discours en français devant la population ?  On dirait qu’il fait en sorte que la langue qu’il parle soit le plus éloignée possible des personnes venues l’écouter.En plus de l’apparat, c’est-à-dire la voiture, son costume, le gendarme et tout le protocole qui entoure sa présence parmi cette masse d’indigents, la langue qu’il parle est ce qu’il est. Et face à lui, il semble que moins le public comprend, plus il applaudit.  Ces scènes récurrentes dans notre vie quotidienne, comme peuvent en témoigner les chaînes de télévision nationales dont les sujets principaux sont la couverture des discours de nos ministres, nous montrent que le français n’est pas seulement une langue, c’est quelque chose que nous sommes devenus.  Ça me fait penser à cet homme qui grondait son chien en Allemand! Imaginez un instant le même ministre sans cette langue française, comme l’un d’entre eux ayant terminé son discours, revenant s’asseoir à sa place et se mettant soudain à parler à son voisin dans un français très local « tu sais que dans ces choses-là… », reconnaissant ainsi qu’il était sur une scène de théâtre, qu’il faisait de la « politique », ce qui signifie qu’il mentait. Il mentait peut-être à la population, mais il se mettait aussi à lui-même, qu’il est ce qu’il n’est pas. La langue française, langue de la politique, serait donc aussi chez nous la langue du mensonge ? La langue française est une langue de parole, on parle français pour parler, et quand on parle on est bon parleur, cela veut dire qu’on est des gens ne réalisent pas grand chose. La langue française ferait donc de nous, des gens qui ne réalisent pas, mais des gens qui parlent. 

La langue française en Afrique ne fait pas que des hommes politiques, la langue française façonne bien d’autres destins, si l’on considère toute la production académique, judiciaire, culturelle, artistique et littéraire. Avec la langue française, beaucoup d’Africains deviennent écrivains, journalistes, chanteurs, acteurs, cinéastes, réalisateurs, enseignants, etc. Et comme c’est une langue qui nous arrive après avoir été inventée ailleurs dans un contexte très différent du nôtre, qu’elle a eu des utilisateurs français avant nous, nous réduisant au mimétisme où il faut parler comme…, écrire comme… que nous le voulions ou non. C’est notre destin de peuple colonisé, nous n’y pouvons rien. Nous sommes donc en fait à la poursuite d’un modèle qui est français dans bien que nous soyons Africains. Et nos populations nous regardent-elles comme elles regardent le ministre, nous les enseignants, nous les écrivains, les cinéastes, les avocats, les juges, les journalistes ? 

Si nous déplaçons le regard et cherchons comment les Français eux-mêmes nous regardent entrain de parler leur langue, ils ne nous regardent pas seulement, ils nous jugent, jugent notre intelligence ou notre pertinence sur la base d’une langue dont ils seraient les dépositaires, qui est la leur et fait d’eux ceux-là capables de nous dire qui est intéressant et qui ne l’est pas, qui est bon et qui ne l’est pas. Quand bien même ils ne le diraient pas pour être politiquement correct, ils n’en pensent pas moins. Il ne nous reste pas d’autre choix que celui d’accepter que le pays qui a inventé cette langue est celui qui est vraiment capable de nous dire qui est un bon chanteur, un bon écrivain, un bon avocat, un bon professeur, un bon réalisateur… parce qu’il le fait dans une langue qui est la leur. La France  devient donc ainsi la seule instance de validation pour nous, Africains francophones. La question qui se pose est de savoir jusqu’à quand nos populations regarderont nos écrivains, journalistes, chanteurs, acteurs, juges, metteur-en-scènes, enseignants… comme elles regardent le ministre qui fait le discours? Des gens qui sont étrangers à eux-mêmes S’il ne fait pas de doute que nous sommes une invention de la France, à quand la réinvention? 

L’INTELLECTUEL THÉRAPEUTIQUE

Soyons honnêtes et reconnaissons que le modèle de l’intellectuel tel qu’il a été pensé en Europe à une certaine époque n’a rien apporté à l’Afrique. Il est important de différencier l’enseignant de l’intellectuel. Quand on dit intellectuel, on pense à des figures françaises ou même parisiennes comme Zola, Voltaire, Rousseau, Tocqueville, Sartre, Aron, Foucault… Ces figures restent attachées à un monde, une culture et un pays qui s’est imposé à nous, Africains. Si ces figures ont, à un moment donné de l’histoire de France, façonné ce que la France est devenue aujourd’hui, peut-on en dire autant de l’Afrique ? La figure africaine qu’il faut citer ici en exemple est Senghor, qui a été président du Sénégal. Dans quelle mesure l’intellectuel aurait-il façonné le Sénégal et le reste de l’Afrique, en tant qu’intellectuel ? On peut se poser la même question pour le Henri Lopez au Congo, le Ferdinand Oyono au Cameroun. S’il y a un constat avec l’intellectuel africain depuis Senghor, c’est tout simplement qu’il avait une bonne position, je dirai « une bonne position » dans la société post-coloniale, qui avait pourtant les mêmes combats humanistes à mener que Voltaire et Sartre. Notons au passage que c’est l’intellectuel Senghor qui a contenu l’intellectuel Cheikh Anta Diop, ou que des personnages comme Robert Mugabe, qui est après Nelson Mandela le plus ancien prisonnier politique qui a fait plusieurs doctorats en prison et a pris la tête du Chimurenga, la lutte de libération qui a vaincu les Rhodésiens. N’oublions pas non plus de citer des figures intellectuelles comme Amilcar Cabral, Osende Afana ou Mongo Beti.

Au fond, les Africains aujourd’hui se demandent : « A quoi nous a servi l’école? »  A manger sûrement mais pas à créer une société africaine comme nous l’aurions souhaité. Les intellectuels font carrière et de très bonnes carrières dans nos sociétés africaines post-colonisées et même à l’international. Inutile de mentionner le nombre de personnalités « intellectuelles » prometteuses qui ont perdu leur « intellectualisme » dans le processus. Pourrait-il en être autrement ? Les débats télévisés du dimanche sur les chaînes camerounaises nous donnent une idée de la fonction qui est désormais réservée aux intellectuels africains. Ils viennent montrer à quel point ils savent parler « le gros français »… sans que ce français ait le moindre impact dans leur société et encore moins sur leurs responsables, qui semblent produire avec les médias un défouloir pour une masse à laquelle ils n’ont rien à offrir.

Est-ce à dire que la pensée ne peut pas changer la société africaine ? Si nous interrogeons la masse, sa réponse est radicale, c’est « non! » 

Puisque le matériau de l’intellectuel, ce sont les idées, les idées peuvent-elles changer l’Afrique aujourd’hui ? Sans vouloir réécrire l’histoire des idées, puisque le marxisme a également été importé en Afrique et a dû s’arrêter lorsqu’il a été considéré comme obsolète en Europe, les idées sont-elles capables de répondre aux problèmes auxquels les Africains sont confrontés aujourd’hui ? Est-ce parce que cette figure de l’intellectuel est culturellement incompatible avec la culture africaine ? 

Puisque l’intellectuel « instruit », il donne des « instructions », il se tient devant nous et explique, comme le professeur, comme le prêtre, le pasteur dans l’église ou même les membres du gouvernement qui ont hérité du colonisateur un style où ils parlent aux gens qu’ils appellent « populations » comme s’ils étaient des idiots.  Cet intellectuel est un intellectuel « sacerdotal » qui nous dit ce qu’il faut faire du haut de son savoir.  Et si c’était un problème de modèle ? Dans un contexte où nous semblons tous dépassés par ce qui nous arrive, et où toutes les solutions à nos problèmes nous viennent de l’extérieur (ONG, Coopération…) celui qui vient nous « instruire » a un peu l’air d’un charlatan, quand on voit le décalage entre ses théories et les problèmes du terrain. 

Nous penserions plutôt à un modèle qui ne serait pas  » instructif  » les Américains disent  » push  » mais plutôt, constructif,  » pull  » c’est-à-dire que nous aurions besoin d’intellectuels qui n’instruisent pas mais qui  » construisent  » avec tout le monde en allant collecter ensemble les connaissances dont nous avons besoin pour changer notre société. C’est un modèle de collaboration.

Si nous regardons notre société et l’humanité, si je dis qu’elle est malade, il ne serait pas exagéré, Frantz Fanon l’avait vu avant tout le monde, d’aborder les questions qui se posent à l’homme sous l’angle de la thérapie. Reconnaissons que nous sommes des sociétés malades, si l’on ne regarde que les conséquences du colonialisme et de cette pseudo  » modernité « , capitaliste forcée sur les sociétés africaines. L’affaire de la boisson « éclaicissante » d’une femme d’affaires députée qui a récemment ému les Camerounais montre bien que notre société a des maladies collectives résultant de l’humiliation et donc de la violence du colonialisme, comme ce désir frénétique de se dépigmenter la peau. Et comme remède, Fanon propose le refus l’assimilation, l’acceptation du faux-soi. Il s’agit donc pour le nouvel intellectuel d’observer le degré de perturbation de notre société face au monde, et de chercher où sont les dysfonctionnements, comment maintenir l’équilibre et si l’équilibre est en cause où l’ordre naturel a été transgressé ? Voilà en gros le travail à faire dans nos sociétés africaines, dans notre société en général. Nous devons donc guérir nos sociétés et le monde, soigner l’humanité. L’humanité est malade, la démarche de l’intellectuel thérapeutique consiste à regarder l’Afrique et le monde comme une société à guérir, à  » soigner « . L’intellectuel thérapeutique est quelqu’un qui propose de changer le monde non pas en le pensant mais en le traitant. L’humanité est malade et a besoin d’être soignée. 

Le modèle thérapeutique devrait donc supplanter le modèle de l’intellectuel que l’on trouve actuellement en Afrique. Cette catégorie d’intellectuels n’a pas pu résoudre les problèmes des Africains, mais pire, elle a installé l’Afrique et les Africains dans le théâtre psychique de l’Occident, comme le dit Joseph Tonda, ils nous ont appris à « vivre notre vie dans le rêve de l’Autre ». Une troisième catégorie est à considérer : l’intellectuel thérapeutique.

COMMENT EN SOMMES-NOUS ARRIVÉS À ÊTRE UNE SOCIÉTÉ QUI A OUBLIÉ DE SE SOIGNER ?

A quel moment avons-nous arrêté de prendre soin de nous-mêmes ? La santé, ainsi que le bien-être des Africains, n’ont jamais eu la moindre importance dans nos États africains post-indépendants. Il suffit de voir comment ceux qui étaient en charge de la gestion des États, tels que Bongo père, Eyadema… meurent dans les avions lors d’évacuations sanitaires précipitées. L’évacuation sanitaire ayant été choisie comme solution par les plus nantis comme Monkam l’un des hommes les plus riches du Cameroun, Sultan Njoya l’un des hommes les plus puissants du Cameroun ou le frère du chef de l’Etat camerounais. La santé n’est pas très importante dans l’État africain post-colonial, certains diraient que les Africains vivent parce qu’ils sont vivants. Il a fallu la pression de la Conférence africaine de football (CAF) sur l’État du Cameroun, qui voulait organiser la Coupe d’Afrique des Nations, pour qu’il fournisse un plateau technique aux normes dans les hôpitaux du pays. C’est la coopération sud-coréenne qui vient de doter la ville de Yaoundé d’un sérieux service d’urgence. 

Alors, comment se fait-il que les Africains investissent si peu dans la santé ? Est-ce parce qu’ils poursuivent un projet d’État post-colonial qui n’a jamais servi les populations ? Ou à cause de leurs croyances ? Pourtant, dans la mythologie des surhommes Ekang chez les Betis, le but de la vie de l’homme sur terre est d’acquérir l’immortalité.  Et s’ils demandent toujours des explications sur la mort d’un homme, ce n’est pas toujours pour accuser les sorciers, mais plutôt parce que la mort n’est pas une fatalité et qu’il faut la combattre. 

Lorsque l’on s’intéresse aux tradithérapies pratiquées par les guérisseurs et autres marabouts, on constate que les lois coloniales sont toujours en vigueur, tout savoir traditionnel doit être apporté à la médecine conventionnelle occidentale. Le secteur de la tradithérapie n’a jamais été organisé, pas d’écoles, pas d’hôpitaux de médecine traditionnelle comme en Chine, pas de financement bien sûr, d’où les charlatans. Pourtant, du plus modeste Camerounais, au chef de l’Etat, tout le monde est « soigné » à l’indigène comme on dit. La pandémie de covid-19 a fait sortir de la clandestinité une pratique très répandue… uniquement parce qu’elle avait dépassé l’homme blanc. Si les Blancs ne mouraient pas plus de cette maladie que les Africains, je ne suis pas sûr que les malades, pendant qu’ils suivaient le traitement du docteur Raoult, avaient aussi à leur chevet la potion de Monseigneur Kleda ou du Ngul Be Tara. Cela ne veut pas dire que la tradithérapie est sortie de la clandestinité.

Si les Camerounais ne meurent pas beaucoup du Covid, les Camerounais meurent beaucoup, beaucoup trop malgré le silence autour de ce taux de mortalité qui semble exorbitant. Le programme du week-end prévoit, dès jeudi, des levées de corps, des veillées et des funérailles interminables. Sauf que les Camerounais le vivent comme si tout cela était normal, après tout n’est-ce pas « la volonté de Dieu » ? Si les Camerounais meurent, c’est à cause de toutes sortes de maladies. Même si l’on prend en compte les maladies biologiques, les accidents de la route seraient aussi une maladie si l’on considère le comportement des conducteurs sur la route comme anormal qu’ils soient sous l’emprise de l’alcool, de la drogue ou même du sommeil. 

Les Camerounais sont donc malades et l’approche serait de voir la société camerounaise comme une société à soigner, à  » traiter  » comme on dit quand on pense à la tradithérapie où l’on est  » traité  » à l’indigène. Toujours en se référant à la tradithérapie, la maladie commence quand un certain équilibre est remis en cause, c’est-à-dire qu’il y a quelque chose qui a transgressé l’ordre que l’on peut penser au conducteur sur la route, ou un ordre naturel. La nature vue comme quelque chose qui est en ordre. Et là intervient l’interrogation sur la société camerounaise et ses désordres, où se trouvent-ils et quels sont-ils ? Avant de penser à les traiter, avons-nous au Cameroun un point de référence pour l’ordre ? Et quelle autorité identifie les désordres ? 

A ce niveau se pose le problème du diagnostic. Comment se fait-il et par qui ? 

Il est important de rappeler que nous sommes dans une société post-colonisée où nos ordres et autres autorités traditionnelles ont été soumis à l’ordre colonial et maintenant post-colonial. 

Pour les malades biologiques, c’est à l’hôpital de les prendre en charge avec l’épée de Damoclès des prescriptions, des honoraires et des médicaments à acheter avant toute intervention…. Donc la mort pour ceux qui n’ont pas les moyens et croyez moi ils sont nombreux en Afrique. Très souvent la tradithérapeute est un recours économique parce que moins cher, avec tout ce que cela comporte comme risque à commencer par celui de tomber sur des personnes aux connaissances limitées dans ce domaine. 

Pour les autres patients comme le chauffeur, c’est à la justice et donc au juge de les « traiter », un traitement qui se terminerait en prison. Quand on parcourt nos tribunaux dans le pays, cela ressemble à une guerre civile. Des familles s’entre-déchirent, font éclater des communautés entières, très souvent pour une question, une question foncière, qu’une simple loi pourrait régler. Mais les lois en place sont celles héritées de la colonisation. Au lieu d’envisager de soigner cette société malade d’une autre manière, nos sociétés sont dans le mimétisme. C’est ainsi que nous traitons cette société malade. J’ai déjà parlé de ceux qui ont des évacuations sanitaires.

Mais la société est malade, et parfois elle est malade de maladies collectives, je veux le prouver par la dépigmentation de la peau dont la boisson éclaircissante d’une femme d’affaires députée a récemment ému les Camerounais. Si l’on s’en tient à ce que dit Frantz Fanon, auteur de Peaux Noires Masques Blancs, le désir de dépigmenter les noirs est une maladie résultant de l’humiliation et donc de la violence du colonialisme. Il propose comme remède la lutte, le refus de l’assimilation, l’acceptation du faux-soi. 

Sauf que s’il y a des maladies collectives, c’est qu’il y a une « âme collective » qui obéit à la psychologie des foules qui agit, comme dans la publicité, à un phénomène de « suggestibilité », d’évanouissement de la conscience, d’abolition de la volonté et du discernement, et enfin de la soumission hypnotique à un guide, d’où un phénomène de « contagion mentale ».

Maintenant qu’il est établi que nous sommes malades, et que nous ne prenons pas assez soin de nous, comment on gère ? 

Tout ça c’était pour vous dire je travaille en ce moment sur le cinéma qui soigne, le « healing cinema » , parce que je pense que l’enjeu du monde qui est vient est thérapeutique. La pensée ni changé le monde ni changé l’Afrique. Le monde est malade. Il faut guérir nos sociétés , il faut traiter les Hommes.

MACRON DANS LE MEMENTO OU L’AMNÉSIE COLONIALE

Vous souvenez-vous de ce film où le personnage principal se réveille le matin et oublie tout ce qu’il a fait la veille et les jours précédents ? Un homme qui doit apprendre à vivre avec une mémoire bloquée à une date précise et à qui sa mère doit téléphoner chaque matin pour lui rappeler que tout ce qu’il va voir dans la journée n’a pas été créé dans la nuit. Emmanuel Macron est dans le Memento, comme il l’a dit en Algérie tout ce qui s’est passé alors qu’il n’était pas né « l’embrouille ». Et récemment, lors de sa tournée africaine, il a découvert la colonisation, pas la colonisation française puisqu’il n’y était pas, voilà pourquoi il lui faudrait une commission d’historiens pour savoir si la France a bien colonisé l’Afrique, si elle a commis des crimes, si elle a tué Um Nyobe, si elle a tué Moumié… Comme Christophe Colomb, Macron qui découvre l’Afrique, découvre la colonisation russe de l’Afrique. Il est peut-être temps qu’Achille Mbembe, le penseur de la post-colonie, devenu son Monsieur Afrique, lui donne un cours de Colonisation pour les Nuls. Car comme Leonard Shelby, le personnage du film Memento, qui souffre d’amnésie antérograde et utilise des notes et des tatouages pour retrouver l’homme qu’il pense avoir tué sa femme, il est temps de se créer un cerveau extérieur pour mémoriser toutes ces chose dont on se souvient. Il est donc de notre devoir d’aider le Macron « embrouillé » à reconstituer la mémoire de la France qui sombre dans l’amnésie coloniale. Puisqu’il s’agit des Russes, commençons par raconter à Emmanuel Macron l’histoire de Bob Denard. le « corsaire de la République » qui a ouvert la voie, montrant aux Russes comment faire les choses en Afrique. Comparé à Bob Denard, Wagner, c’est du pipi de chat.

Voici en résumé ce que dit Wikipedia de Bob Denard.

Volontaire pour l’Indochine, il rejoint la police au Maroc, accusé d’avoir participé à un complot visant à assassiner Pierre Mendès France. À partir des années 1960, il participe à des opérations militaires impliquant des mercenaires au Yémen, en Iran, au Nigeria, au Bénin, au Gabon (où il est instructeur de la garde présidentielle), en Angola en 1975, au Cabinda en 1976, au Zaïre et aux Comores. De 1960 à 1963, il est l’un des chefs des « affreux » de l’Etat du Katanga soutenant Moïse Tshombé qui vient de déclarer l’indépendance du Katanga. Le 21 janvier 1963, après la chute de Kolwezi et la défaite des mercenaires, ces derniers se réfugient en Angola avec l’accord du régime portugais. Ils sont rapatriés en France où ils sont accueillis par les gendarmes. Puis, d’août 1963 à fin 1964, il part au Yémen pour le compte du MI6 avec 17 mercenaires, dans la 1ère armée royaliste, financée par l’Arabie Saoudite, contre les républicains soutenus par 40.000 soldats égyptiens envoyés par Nasser. Bob Denard retourne dans l’ancien Congo belge à la fin de 1964, à la tête du 1er Choc, qu’il a créé le 22 février 1959. Il est recruté en 1970 par le roi du Maroc, Hassan II, pour renverser le régime de Mouammar Kadhafi en Libye. Denard intervient à nouveau pour le MI67 et le SDECE en Angola en 1975 auprès de l’UNITA de Jonas Savimbi. Denard intervient pour la première fois dans la République des Comores qui, à la suite d’une consultation sur l’autodétermination organisée par la France le 6 juillet 1975, avait décidé, par 95 % des voix, de devenir indépendante. Il intervient en septembre 1975 pour consolider le coup d’État d’Ali Soilih en arrêtant le président Ahmed Abdallah. En janvier 1977, il échoue dans une tentative de coup d’État pour renverser le régime de la République populaire du Bénin. Il est ensuite pressenti en 1977 pour déstabiliser le régime de James Mancham aux Seychelles. Le 13 mai 1978, Bob Denard débarque aux Comores à bord d’un ancien navire océanographique avec 43 hommes pour renverser le régime marxiste révolutionnaire de Soilih et rétablir Ahmed Abdallah au pouvoir. Ali Soilih est exécuté d’une balle dans la tête le 29 mai 1978. La République fédérale islamique des Comores a également servi de base logistique aux opérations militaires de l’Afrique du Sud contre les pays africains qui lui étaient hostiles. Pour sa part, le régime de la République islamique des Comores, au pouvoir depuis la fin des années 1980, n’a pas su tirer profit de cette situation. De son côté, le régime d’apartheid paie les salaires des membres de la Garde présidentielle depuis 1989. Surnommé le « vice-roi des Comores », il a régné de facto pendant 10 ans sur l’archipel. Avec le soutien de l’Afrique du Sud, il forme un corps de mercenaires pour intervenir à la demande de Pretoria ou de Paris. Il n’a été déployé au Tchad qu’en 1981-1982 pour soutenir la rébellion d’Hissène Habré contre le président pro-libyen Goukouni Oueddei. Dans la nuit du 27 au 28 septembre 1995, Denard a renversé le nouveau président comorien Said Mohamed Djohar (élu en 1990). Il est contacté par le gouvernement hutu en 1994, pour intervenir dans le camp du génocide, Bob Denard envoie des hommes pour certaines missions. De retour en France, il se retire dans le Médoc, où il rêve de construire un musée de la décolonisation.


J’adore la fin, son projet de construire un musée de la décolonisation.

Monsieur Macron, c’est la France qui a créé le colonialisme dont vous parlez et le « Brutalisme » qui va avec, et qui nous a appris, à nous les Africains, à vivre avec « cet endroit où la France nous a laissé ». Puisque personne ne vous le dit, c’est de la France que les Chinois et les Russes s’inspirent pour piller et contrôler l’Afrique. Si Leonard Shelby, le personnage de Memento, utilise les tatouages pour lutter contre son amnésie, Macron lui espère nous rendre, nous les Africains amnésiques. Qui a organisé et structuré le jeu politique avec des coups d’État en Afrique avec de fausses indépendances ? Ce ne sont pas les Russes. Ce ne sont pas les Russes. Il faut le répéter pour lutter contre cette amnésie antérograde qui semble être le nouveau projet Africain de Macron qui a refusé à Yaoundé de demander pardon pour les crimes de la France au Cameroun où on parle de plus de 500 000 morts entre les années 50 et 70 mais voit déjà comment on va faire le bamboula autour de ce thème, il a annoncé un grand projet artistique autour de la lutte des indépendances. Pauvres artistes africains! Dans le film de nos vies d’Africains « colonisés », la France est le méchant. En refusant de s’excuser, de demander pardon et de payer des réparations pour ses crimes, la France se glorifie dans son rôle de méchant et fait exactement ce qu’elle reproche aux Russes qui assument d’être les méchants et ne cherchent pas à se faire passer pour des gentils. A méchant, méchant et demi. Dans la guerre entre méchants, quoi de plus naturel que de soutenir le méchant qui va battre son méchant à soi. Dans sa lutte pour l’indépendance, de l’Afrique du Sud au Ghana en passant par la Guinée Bissau, le Cameroun, l’Angola, le Mozambique, le Congo, le monde occidental qui soutient aujourd’hui l’Ukraine était du côté des méchants. La France, le Royaume-Uni, les États-Unis, l’Allemagne. Portugal, Espagne… ont soutenu l’apartheid en Afrique du Sud et ont combattu l’ANC de Nelson Mandela qui était classé comme terroriste ! Parfois vous oubliez que les noirs battus, assassinés, appauvris, insultés, humiliés… c’était nous. Et a chaque fois que nous vous sourions vous devez nous décerner un prix Nobel de la Paix. Et il est normal que tout ceci vous embrouille Monsieur Macron. Ce n’est pas avec la guerre en Ukraine que nous africains découvrons le colonialisme. Si le sentiment est défini comme étant un « état affectif complexe et durable lié à certaines émotions ou représentations » Ce que vous appelez « sentiment anti-français » n’est pas un sentiment. Et n’accusez pas pour rien ce que vous appelez « propagande russe ». Ce qui se passe dans l’esprit des Africains n’a rien à voir avec une simple émotion des hommes noirs, les Africains savent qu’avec vous, rien n’a changé depuis nos premières rencontres et que rien ne va changer. Ils lisent dans vos cœurs et savent que vous êtes toujours racistes, que vous portez toujours ce sentiment de supériorité, que vous essayez toujours de nous tromper, que votre projet reste celui de l’asservissement de l’Africain, du pillage de nos richesses et que si vous pouvez-vous cogner les têtes entre vous les méchants, nous allons un peu respirer.

Voici en résumé ce que dit Wikipedia de Bob Denard.

Volontaire pour l’Indochine, il rejoint la police au Maroc, accusé d’avoir participé à un complot visant à assassiner Pierre Mendès France. À partir des années 1960, il participe à des opérations militaires impliquant des mercenaires au Yémen, en Iran, au Nigeria, au Bénin, au Gabon (où il est instructeur de la garde présidentielle), en Angola en 1975, au Cabinda en 1976, au Zaïre et aux Comores. De 1960 à 1963, il est l’un des chefs des « affreux » de l’Etat du Katanga soutenant Moïse Tshombé qui vient de déclarer l’indépendance du Katanga. Le 21 janvier 1963, après la chute de Kolwezi et la défaite des mercenaires, ces derniers se réfugient en Angola avec l’accord du régime portugais. Ils sont rapatriés en France où ils sont accueillis par les gendarmes. Puis, d’août 1963 à fin 1964, il part au Yémen pour le compte du MI67 avec 17 mercenaires, dans la 1ère armée royaliste, financée par l’Arabie Saoudite, contre les républicains soutenus par 40.000 soldats égyptiens envoyés par Nasser. Bob Denard retourne dans l’ancien Congo belge à la fin de 1964, à la tête du 1er Choc, qu’il a créé le 22 février 1959. Il est recruté en 1970 par le roi du Maroc, Hassan II, pour renverser le régime de Mouammar Kadhafi en Libye. Denard intervient à nouveau pour le MI67 et le SDECE en Angola en 1975 auprès de l’UNITA de Jonas Savimbi. Denard intervient pour la première fois dans la République des Comores qui, à la suite d’une consultation sur l’autodétermination organisée par la France le 6 juillet 1975, avait décidé, par 95 % des voix, de devenir indépendante. Il intervient en septembre 1975 pour consolider le coup d’État d’Ali Soilih en arrêtant le président Ahmed Abdallah. En janvier 1977, il échoue dans une tentative de coup d’État pour renverser le régime de la République populaire du Bénin. Il est ensuite pressenti en 1977 pour déstabiliser le régime de James Mancham aux Seychelles. Le 13 mai 1978, Bob Denard débarque aux Comores à bord d’un ancien navire océanographique avec 43 hommes pour renverser le régime marxiste révolutionnaire de Soilih et rétablir Ahmed Abdallah au pouvoir. Ali Soilih est exécuté d’une balle dans la tête le 29 mai 1978. La République fédérale islamique des Comores a également servi de base logistique aux opérations militaires de l’Afrique du Sud contre les pays africains qui lui étaient hostiles. Pour sa part, le régime de la République islamique des Comores, au pouvoir depuis la fin des années 1980, n’a pas su tirer profit de cette situation. De son côté, le régime d’apartheid paie les salaires des membres de la Garde présidentielle depuis 1989. Surnommé le « vice-roi des Comores », il a régné de facto pendant 10 ans sur l’archipel. Avec le soutien de l’Afrique du Sud, il forme un corps de mercenaires pour intervenir à la demande de Pretoria ou de Paris. Il n’a été déployé au Tchad qu’en 1981-1982 pour soutenir la rébellion d’Hissène Habré contre le président pro-libyen Goukouni Oueddei. Dans la nuit du 27 au 28 septembre 1995, Denard a renversé le nouveau président comorien Said Mohamed Djohar (élu en 1990). Il est contacté par le gouvernement hutu en 1994, pour intervenir dans le camp du génocide, Bob Denard envoie des hommes pour certaines missions. De retour en France, il se retire dans le Médoc, où il rêve de construire un musée de la décolonisation.

J’adore la fin, son projet de construire un musée de la décolonisation.

Monsieur Macron, c’est la France qui a créé le colonialisme dont vous parlez et le « Brutalisme » qui va avec, et qui nous a appris, à nous les Africains, à vivre avec « cet endroit où la France nous a laissé ». Puisque personne ne vous le dit, c’est de la France que les Chinois et les Russes s’inspirent pour piller et contrôler l’Afrique. Si Leonard Shelby, le personnage de Memento, utilise les tatouages pour lutter contre son amnésie, Macron lui espère nous rendre, nous les Africains amnésiques. Qui a organisé et structuré le jeu politique avec des coups d’État en Afrique avec de fausses indépendances ? Ce ne sont pas les Russes. Ce ne sont pas les Russes. Il faut le répéter pour lutter contre cette amnésie antérograde qui semble être le nouveau projet Africain de Macron qui a refusé à Yaoundé de demander pardon pour les crimes de la France au Cameroun où on parle de plus de 500 000 morts entre les années 50 et 70 mais voit déjà comment on va faire le bamboula autour de ce thème, il a annoncé un grand projet artistique autour de la lutte des indépendances. Pauvres artistes africains! Dans le film de nos vies d’Africains « colonisés », la France est le méchant. En refusant de s’excuser, de demander pardon et de payer des réparations pour ses crimes, la France se glorifie dans son rôle de méchant et fait exactement ce qu’elle reproche aux Russes qui assument d’être les méchants et ne cherchent pas à se faire passer pour des gentils. A méchant, méchant et demi. Dans la guerre entre méchants, quoi de plus naturel que de soutenir le méchant qui va battre son méchant à soi. Dans sa lutte pour l’indépendance, de l’Afrique du Sud au Ghana en passant par la Guinée Bissau, le Cameroun, l’Angola, le Mozambique, le Congo, le monde occidental qui soutient aujourd’hui l’Ukraine était du côté des méchants. La France, le Royaume-Uni, les États-Unis, l’Allemagne. Portugal, Espagne… ont soutenu l’apartheid en Afrique du Sud et ont combattu l’ANC de Nelson Mandela qui était classé comme terroriste ! Parfois vous oubliez que les noirs battus, assassinés, appauvris, insultés, humiliés… c’était nous. Et a chaque fois que nous vous sourions vous devez nous décerner un prix Nobel de la Paix. Et il est normal que tout ceci vous embrouille Monsieur Macron. Ce n’est pas avec la guerre en Ukraine que nous africains découvrons le colonialisme. Si le sentiment est défini comme étant un « état affectif complexe et durable lié à certaines émotions ou représentations » Ce que vous appelez « sentiment anti-français » n’est pas un sentiment. Et n’accusez pas pour rien ce que vous appelez « propagande russe ». Ce qui se passe dans l’esprit des Africains n’a rien à voir avec une simple émotion des hommes noirs, les Africains savent qu’avec vous, rien n’a changé depuis nos premières rencontres et que rien ne va changer. Ils lisent dans vos cœurs et savent que vous êtes toujours racistes, que vous portez toujours ce sentiment de supériorité, que vous essayez toujours de nous tromper, que votre projet reste celui de l’asservissement de l’Africain, du pillage de nos richesses et que si vous pouvez-vous cogner les têtes entre vous les méchants, nous allons un peu respirer.

LES CAMEROUNAIS DOIVENT TAPER LA FRANCE !

Les camerounais attendent leur victoire sur la France. L’histoire du Cameroun et de la France est telle un match de football, la France a gagné le match aller, le Cameroun doit absolument battre la France dans un match retour qui n’arrive toujours pas à se jouer. Et c’est leur chance là-bas. Au match aller, la France a acheté l’arbitre qui était l’ONU a l’époque et depuis c’est le capitaine de l’équipe du Cameroun qu’elle achète utilisant ce dernier pour que le peuple camerounais n’aie jamais la victoire qu’elle attend … Les camerounais? Un peuple prêt ! Peuple!!! Peu importe la discipline les camerounais rêvent d’affronter la France et avoir l’occasion de taper ce pays qui nous a eu par lâcheté. Pas ce que vous avez fait avant, maintenant essayez la la la, on vous corrige. Achetez l’arbitre, achetez le capitaine , les camerounais vont vous taper méchamment ! Les français n’ont que leur bouche là . On parle de quoi? Regardez moi des gens, c’est nous les camerounais qui sommes le premier territoire de la France libre, ce sont les camerounais de la division Leclerc qui sont les premiers à entrer à paris et libèrent paris, et vous venez parler? Vous parlez de quoi? On a vu pendant la guerre de 45 que les gars étaient des mboutoukous, on a dit qu’on allait quitter les bêtises de la colonisation et dès 1948 après être rentré de la guerre, 3 ans après avoir vu la supercherie, on décide que ces totos qu’on a vu les allemands taper ne peuvent plus nous faire la loi, surtout que ces allemands on les avaient déjà bien traité au Cameroun. On a décidé qu’on allait sauf que être libres. Nos gars créent l’UPC, l’Union des Populations du Cameroun, des gars qui maîtrisaient déjà le droit international de l’époque… jusqu’à aller demander que le mandat français ne soit pas renouvelé en faisant des discours à l’ONU! Les blancs n’avaient jamais vu cette qualité de noirs. Vous parlez de quoi? Et sur le terrain alors, c’était la magie , c’est la guérilla que tu veux voir? Au point où les Nelson Mandela en Afrique du Sud se sont inspirés de nous les camerounais, c’est chez nous qu’ils copie la lutte armée . Si la France fait seulement l’erreur d’accepter ce match retour, elle va lire l’heure.

APPEL A EMBROUILLER MACRON

En 2017, Macron pris à partie sur l’histoire algérienne par un jeune lui dit « Mais vous, vous n’avez pas connu la colonisation ! Qu’est-ce que vous venez m’embrouiller avec ca « . Tout comme le parti du président Biya, le RDPC, invite ses militants du Mfoundi à se mobiliser pour ovationner le président français moyennant un budget de 10 millions de francs à partager, moi j’invite les Camerounais à se mobiliser pour embrouiller Macron lors de sa visite au Cameroun qui commence lundi prochain. Pour l’embrouiller, commencez par lui demander pourquoi il célèbre le 14 juillet, la fête nationale de la prise de la Bastille, un événement emblématique de la Révolution française de 1789, il y était ? Embrouille garantie! Dans l’évangile selon Macron, si vous n’avez pas connu une chose, elle n’existe pas. Pour embrouiller Macron, dites-lui que la relation entre la France et le Cameroun est comme celle d’un braqueur qui entre chez vous. Face à une telle situation, il n’y a, comme entre l’Ukraine et la Russie, qu’une seule alternative, éliminer le braqueur par tous les moyens. Ce que le monde occidental soutient en Ukraine, et le braqueur pour nous, c’était la France. La brutalité avec laquelle la France a réprimé les Camerounais qui se sont soulevés comme les Ukrainiens aujourd’hui rend les Russes très sympathiques à nos yeux. On parle de plus de 400 000 tués, d’armes chimiques, d’assassinats de dirigeants, de têtes coupées, d’incendies, de corps jetés du haut des falaises…. L’horreur ! Mais la véritable horreur c’est le projet du général de Gaulle assisté de Jacques Foccart du grand remplacement, le projet qui consistait à fabriquer artificiellement une élite fantoche qui ne voulait déjà pas de l’indépendance et donc acceptait la dépendance pour prendre les rênes de nos républiques fantoches dites « bannières » qui perdurent et où être au pouvoir se résumait dans l’article 2, aux petits privilèges  » l’intéressé aura droit aux avantages de toute nature prévus par la réglementation en vigueur « . Le braqueur pouvait donc s’asseoir à la table de notre maison et imaginer avec nous des projets futurs dans le cadre d’une coopération bilatérale pour le développement de l’Afrique… bla… bla… bla… et cela dure depuis des décennies…jusqu’à l’arrivée de Macron.

Ce qu’il faut retenir, c’est que la France a mis un coup d’arrêt violent à l’un des plus beaux projets africains pensé par des Africains, réalisé par des Africains pour des Africains. Ce projet était l’UPC. L’UPC a œuvré pour toutes les révolutions africaines dont celle de l’ANC de Mandela en Afrique du Sud. Le Cameroun n’a pas besoin de tous ces projets imaginés de l’extérieur et en plus par ceux qui ont détruit le plus beau rêve de l’Afrique, l’UPC. Le Cameroun n’a besoin que d’une seule chose, reprendre son projet. C’est ce que les Camerounais doivent exiger de Macron. Embrouille assurée!